Repenser la manière dont nous apprenons devient un enjeu central. Les formations classiques ne suffisent plus toujours à répondre aux besoins des apprenants, en particulier ceux issus milieux socio-économiques vulnérables, ni aux exigences des marchés du travail modernes. Entre présentiel, apprentissage hybride et environnements virtuels, les formats d’apprentissage se multiplient et offrent de nouvelles opportunités pour stimuler l’engagement, développer des compétences et favoriser l’inclusion.

Cet article explore les différents formats d’apprentissage, leurs forces et limites, et comment ils peuvent être évalués et optimisés pour créer des parcours réellement efficaces. Nous verrons également comment des projets concrets, comme DIAMOND, ou des initiatives innovantes dans l’enseignement supérieur, comme celles menées par Junia avec les technologies immersives et collaboratives, illustrent la manière dont la pédagogie peut se transformer pour mieux accompagner tous les apprenants vers la réussite.

Apprentissage, compétences et employabilité : un équilibre à repenser

Apprendre n’est plus un simple transfert de connaissances.  Les enjeux de l’apprentissage sont multiples et cruciaux. En effet, il s’agit aujourd’hui de préparer les individus à s’adapter rapidement, à résoudre des problèmes inédits, à collaborer efficacement et à rester engagés tout au long de leur parcours professionnel et personnel. 

Parmi ces enjeux, on peut identifier :

  • L’attention et la motivation des apprenants : On le sait, notre  environnement est saturé d’informations et de distractions. Capter et maintenir l’attention est par conséquent un défi majeur. L’apprentissage doit donc être pensé pour être engageant, interactif et pertinent, afin d’éviter la passivité et favoriser la curiosité. 
  • Le développement de compétences transversales : Au-delà du savoir-faire technique, les « soft skills » (communication, esprit critique, collaboration) prennent une place essentielle. Les formats pédagogiques doivent encourager ces dimensions pour préparer à la réalité du travail en équipe et à la résolution créative de problèmes.
  • La diversité des profils et des besoins : Les apprenants ne sont pas homogènes. Ils ont des rythmes, des styles et des contextes d’apprentissage différents. L’enjeu est de proposer des formats flexibles et adaptatifs qui respectent ces diversités.
  • La digitalisation et l’hybridation des apprentissages : L’intégration des outils numériques modifie profondément les modalités d’enseignement et d’apprentissage. Savoir exploiter ces technologies tout en préservant l’aspect humain est un équilibre à trouver.
  • La mesure de l’impact pédagogique : Il est essentiel d’évaluer non seulement la satisfaction ou les acquis immédiats, mais aussi l’impact réel sur la performance, la transformation des pratiques et la pérennité des compétences.

Ces enjeux poussent à explorer, réinventer et combiner les formats d’apprentissage pour construire des parcours efficaces, motivants et adaptés aux défis d’aujourd’hui.

Des formats d’apprentissage multiples pour des besoins variés

Les formats d’apprentissage se sont multipliés ces dernières années, reflétant la diversité des contextes, des besoins et des technologies disponibles. Pour mieux comprendre leur efficacité, il est utile de les regrouper en grandes catégories :

  • Apprentissage en présentiel
    C’est le format traditionnel, où les participants et les formateurs se rencontrent physiquement. Les approches peuvent inclure :
  • L’enseignement magistral ou les conférences
  • Les travaux pratiques et ateliers
  • Les études de cas et projets collaboratifs

Ce format favorise l’interaction directe, la mise en pratique immédiate et la création d’un environnement social sécurisé pour apprendre.

  • Apprentissage virtuel (100 % à distance)
    Avec le développement du numérique, les formations entièrement en ligne se sont multipliées. Elles offrent :
  • Des modules interactifs et auto-rythmés
  • Des classes virtuelles avec visioconférence et collaboration en temps réel
  • Des simulations et environnements immersifs pour expérimenter des situations réelles

L’apprentissage virtuel permet une grande flexibilité et une adaptation aux rythmes individuels, certes, mais il nécessite des dispositifs motivants pour maintenir l’engagement et l’attention des apprenants. 

  • Format hybride
    Le format hybride combine les forces des deux mondes : interaction directe et flexibilité numérique. Parmi les approches possibles :
  • Ateliers en présentiel complétés par des modules en ligne
  • Des projets collaboratifs mêlant temps collectifs et travail autonome
  • Utilisation de technologies immersives pour reproduire des gestes professionnels ou des environnements de travail

C’est dans cette logique que s’inscrit le projet de recherche européen DIAMOND, dont l’objectif est de repousser les frontières de la formation pour les personnes issues de milieux socio-économiques vulnérables. DIAMOND propose un parcours innovant et structuré, articulé autour d’étapes proactives : « Envision, Engage et Employ ». Le projet met en œuvre des formats variés, adaptés aux besoins individuels et aux exigences du marché du travail, et combine à la fois apprentissage sur place, numérique et hybride pour maximiser l’impact.

Cette classification permet de mieux évaluer les formats selon leur capacité à :

  • Assurer un apprentissage effectif et durable
  • Développer à la fois des compétences techniques et comportementales
  • Maintenir l’engagement et l’attention des participants
  • S’adapter aux contraintes et aux rythmes des apprenants

Comprendre ces catégories est essentiel pour concevoir des dispositifs pédagogiques efficaces, et constitue la première étape avant d’évaluer la réussite de chaque format, ce que nous allons détailler tout de suite avec le modèle de Kirkpatrick. 

Mesurer l’impact des formations : l’apport du modèle de Kirkpatrick

Lorsque l’on explore et compare différents formats d’apprentissage (présentiel, virtuel ou hybride) il ne suffit pas de regarder seulement le contenu ou la technologie utilisée. Il est primordial de comprendre comment ces formats influencent réellement l’apprentissage et la mise en pratique des compétences acquises. C’est dans ce cadre que le modèle de Kirkpatrick prend tout son intérêt : il fournit un outil structuré pour évaluer l’efficacité d’une formation à plusieurs niveaux, en allant de l’expérience immédiate des participants jusqu’aux résultats observables dans leur environnement professionnel. 

Résultats : enfin, ce niveau évalue l’impact global de la formation, par exemple l’amélioration des performances, l’atteinte d’objectifs organisationnels ou l’efficacité opérationnelle.

Réaction : ce premier niveau évalue comment les participants ont perçu la formation. Sont-ils satisfaits ? Engagés ? Estiment-ils le contenu pertinent ? Comprendre la perception des apprenants permet d’identifier les points forts et les axes d’amélioration immédiats.

Apprentissage : le deuxième niveau mesure l’acquisition réelle de connaissances et de compétences. Les changements dans la confiance, l’aisance ou la compréhension sont autant d’indicateurs de progrès.

Comportement : à ce stade, on s’intéresse à la manière dont les participants appliquent ce qu’ils ont appris dans leur environnement professionnel. L’objectif est de suivre le transfert effectif des compétences, que ce soit dans des tâches concrètes, des projets collaboratifs ou des situations proches de la réalité du travail.

Le graphique associé au modèle met en évidence que ces quatre niveaux sont interconnectés. La satisfaction des participants influence leur apprentissage, lequel conditionne l’évolution de leur comportement, et finalement l’impact sur les résultats. Ainsi, il ne s’agit pas de les considérer isolément, mais comme un continuum qui relie expérience, compétence et performance.

Ce cadre est particulièrement utile pour comparer l’efficacité de différents formats d’apprentissage : présentiel, virtuel ou hybride. Par exemple, un cours en ligne peut exceller sur le niveau apprentissage grâce à des contenus interactifs et adaptatifs, tandis qu’un format hybride peut favoriser le transfert de compétences via des projets collaboratifs en situation réelle. Le modèle de Kirkpatrick permet donc d’avoir une vision globale et nuancée, au-delà des simples questionnaires de satisfaction, pour guider les choix pédagogiques et l’optimisation des formats.

L’humain au centre des nouveaux formats d’apprentissage

L’efficacité d’un dispositif d’apprentissage ne se limite pas aux contenus et aux formats, elle dépend largement des facteurs humains qui structurent l’expérience de l’apprenant. La conception pédagogique moderne cherche à concilier autonomie, engagement et interaction, tout en tenant compte de la charge cognitive et des motivations individuelles.

Plusieurs principes clés apparaissent comme fondamentaux :

  • Flexibilité contrôlée : permettre aux apprenants de gérer leur rythme favorise l’autonomie et la régulation cognitive. Des contenus courts et modulaires, inspirés du micro-learning, offrent des pauses naturelles pour consolider les connaissances et limiter la surcharge cognitive. 
  • Engagement actif : l’apprentissage par la pratique, les projets concrets ou les études de cas stimule la pensée critique et la résolution de problèmes. Les technologies immersives, comme la réalité virtuelle ou les environnements simulés, renforcent ce processus en créant des expériences proches de la réalité professionnelle. 
  • Interactions sociales sécurisées : les échanges entre pairs permettent l’acquisition indirecte de compétences comportementales (soft skills), comme la collaboration, la communication ou la gestion des conflits. La création d’espaces sécurisés encourage la prise de risque intellectuelle et la co-construction des connaissances. 
  • Rétroaction fréquente et multimodale : feedback visuel, haptique ou contextuel aide les apprenants à ajuster leur compréhension et à renforcer la mémorisation. L’intégration de principes de ludification peut accroître la motivation et soutenir la progression. 

Un exemple concret de cette approche se trouve dans le témoignage de Junia, école d’ingénieurs. Pour relever les défis de l’enseignement hybride et de l’attention des apprenants, l’école a investi dans les technologies immersives et collaboratives avec notre Studiiio. Trois cas d’usage illustrent parfaitement l’impact de ces innovations :

  • Cours hybrides interactifs : grâce à des écrans interactifs, des caméras et des partages d’écran en temps réel, les enseignants peuvent présenter des manipulations techniques à la fois aux étudiants présents et à distance, sans perdre l’expérience du présentiel.
  • Conférences à distance captivantes : Studiiio permet de dynamiser les visioconférences, de répondre aux questions en temps réel et de rendre l’information plus tangible, tout en offrant une expérience immersive pour les participants.
  • Réunions pédagogiques collaboratives : les enseignants peuvent co-construire des outils pédagogiques, comme des grilles d’évaluation, de manière plus efficace et engageante que dans un cadre classique, grâce à la combinaison d’espaces interactifs et d’outils collaboratifs.

L’exemple de Junia montre que l’innovation pédagogique ne se limite pas à l’usage de technologies : elle repose sur une conception centrée sur l’humain, qui combine autonomie, interaction et engagement actif, et permet d’optimiser l’apprentissage dans des contextes variés.

Un autre exemple de cette approche se retrouve à l’International School of Monaco. Dans une logique de pédagogie active, l’établissement a fait le choix d’une salle de cours immersive et collaborative équipée de la solution Shariiing. Les enseignants s’appuient sur le mur d’images et les écrans tactiles pour proposer des activités visuelles, interactives et collaboratives, favorisant l’autonomie des élèves et le feedback en temps réel. Une manière concrète d’ancrer la technologie au service des apprentissages, dès le plus jeune âge.

L’apprentissage comme expérience à concevoir

Explorer les formats d’apprentissage, c’est avant tout repenser l’expérience proposée aux apprenants. Au-delà des modalités présentielle, virtuelle ou hybride, c’est la capacité à créer des parcours engageants, adaptés et centrés sur l’humain qui fait la différence.

Les innovations pédagogiques et technologiques offrent aujourd’hui des leviers puissants pour transformer la formation, à condition qu’elles restent au service des usages, des compétences et de l’employabilité. L’enjeu n’est donc pas de multiplier les formats, mais de concevoir des expériences d’apprentissage pertinentes, capables d’accompagner durablement les transformations du monde du travail.

Vous souhaitez en savoir plus sur les formats d’apprentissage ? Vous souhaitez tirer le meilleur parti des technologies immersives et collaboratives pour enfin entrer dans l’ère de la pédagogie innovante ? Contactez-nous.